Que ce soit pendant le recrutement ou au cours de la carrière, le travail est le premier vecteur de discrimination en France. Trois salariés sur 10 disent ainsi avoir été victimes de discrimination au travail, qu’elle soit liée à son genre, son âge, sa nationalité, sa couleur de peau etc… La loi reconnaît au total 25 critères de discriminations. Ces inégalités de traitement, dénoncées dans le code du travail à l’article L.1132-1, perdurent pourtant et certaines d’entre elles ont tendance à être minimisées.

Quand on pense discrimination, on pense très souvent aux critères comme l’âge, le sexe, l’origine, le patronyme, le handicap, l’orientation sexuelle, la situation de famille, l’apparence physique… Mais alors quels sont les critères restants sur la liste des 25 ?

En voici quelques-uns :

  • La grossesse: “Elle est compétente et j’ai très envie de travailler avec elle mais elle a 32 ans et un enfant. Elle va me faire un congé maternité c’est sûr. Je ne prends pas le risque, pas avec les enjeux de cette année.” [Parole d’un Directeur d’une start-up]
  • L’état de santé: “Atteinte de la mucoviscidose, mon entreprise s’est inquiétée de mes absences répétées et sans avoir jamais pris le temps d’échanger avec moi sur un aménagement de poste, j’ai reçu une lettre de licenciement.” [Parole d’une salariée discriminée]
  • Le lieu de résidence: “Ce candidat correspond parfaitement à ce que nous recherchons mais il vit à l’opposé de Nantes. Il ne tiendra jamais le coup étant donné la distance quotidienne, le trafic aux heures de pointe et franchement, je ne souhaite pas prendre ce risque. Nous avons besoin de quelqu’un de fiable.” [Parole d’un Directeur de PME]
  • Les croyances ou appartenances ou non-appartenances, vraies ou supposées à une religion déterminée: “Je suis très intéressée par son profil mais j’ai quelques doutes sur son appartenance à la religion musulmane. Nous n’avons aucun problème avec les croyances de nos salariés mais nous ne souhaitons plus recruter de musulmans car la gestion des temps de prière au travail est compliquée.” [Parole d’une Directrice de Production au sein d’un grand groupe]

La liste des 25 critères ne s’arrête pas là mais heureusement nous n’avons pas toujours de contexte vécu à vous présenter pour chacun d’entre eux :

  • l’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée à une ethnie,
  • l’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée à une nation,
  • l’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée à une prétendue race,
  • La vulnérabilité économique
  • les caractéristiques génétiques,
  • l’identité de genre,
  • les opinions politiques,
  • les activités syndicales,
  • les opinions philosophiques,
  • les mœurs,
  • la perte d’autonomie,
  • la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français,
  • la domiciliation bancaire.

Quelques pistes pour lutter contre les discriminations à l’embauche :