Comment transformer son alternance en CDI
Les Echos - mardi 4 avril 2017

En termes d’accès à l’emploi comme de salaire, l’avantage des apprentis est très net » : voilà ce qui ressort d’une étude publiée par le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) en mai 2016. Ainsi, trois ans après l’obtention de leur diplôme, le taux de chômage des titulaires d’un master professionnel par la voie scolaire est de 16% contre 10% pour ceux issus de l’apprentissage. Quant à la rémunération, «le salaire médian des apprentis est de 2.310€ contre 1.840€ pour les scolaires », note le Céreq.

Cependant, il s’agit là de moyennes. Beaucoup de recruteurs comme Pierre Rabozzi, directeur de la division comptabilité-finance du cabinet Page Personnel, observent que « si l’alternance dope l’employabilité, elle ne se traduit pas toujours par une rémunération plus élevée.En revanche, elle peut accélérer l’évolution de carrière ». A condition de bien valoriser son expérience, y compris en interne. En effet, l’entreprise a investi du temps et des moyens dans la formation de l’alternant, dont elle paie les frais de scolarité, en plus de son salaire. Elle est donc en général assez encline à l’embaucher, si tant est qu’il se soit montré intéressé, motivé et impliqué dans son travail.

Mais il n’y a pas toujours d’ouverture de postes au moment où le contrat se termine. D’où l’intérêt de réfléchir – avant la fin de votre alternance – à la mise en valeur des compétences acquises en décrivant précisément les missions effectuées.

Adopter un vocabulaire professionnel

« L’alternant est un salarié parmi d’autres, aussi doit-il présenter son expérience comme le ferait n’importe quel salarié, insiste Catherine Rebatel, directrice du développement du CFA Sup de Vinci. Il faut parler des livrables demandés et des objectifs atteints en employant un vocabulaire professionnel. Par exemple, si vous avez travaillé dans les achats, vous pouvez mentionner le nombre d’appels d’offres que vous avez lancés, le panel de fournisseurs que vous avez gérés ou encore le montant du budget qui vous a été confié », détaille-t-elle. Sans pour autant exagérer vos responsabilités.

Dans cette perspective, il est utile de faire le point avec son tuteur avant la fin de votre contrat. « Si l’alternance s’est bien passée, l’étudiant peut aussi demander une lettre de recommandation, conseille Mariam Khattab, responsable pôle recrutement chez Mozaïk RH. Peu de candidats le font, regrette-t-elle. Pourtant, cela permet d’appuyer un dossier de candidature et de rassurer son futur recruteur ». « Les anciens alternants doivent insister sur le fait qu’ils sont directement opérationnels et capables de se projeter dans le métier. Un atout supplémentaire par rapport aux jeunes diplômés qui se voient souvent opposer l’argument selon lequel ils n’ont pas assez d’expérience professionnelle », souligne Alexandra Petitsigne, consultante mobilité professionnelle au sein de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres). En particulier, montrez que vous connaissez les outils et logiciels spécifiques à votre secteur. Outre les compétences techniques, n’oubliez pas de mettre en avant votre savoir-être professionnel : « Alors que beaucoup de jeunes diplômés ne maîtrisent pas les codes de l’entreprise, les anciens alternants sont plus matures de cepoint de vue », constate Pierre Rabozzi. Qu’il s’agisse de respecter des délais pour rendre un dossier et d’animer une réunion, ces « soft skills » peuvent faire la différence lors d’un entretien.

Mozaik RH 23, rue Yves Toudic 75010 PARIS
SIRET : 502 119 449 00069 APE 7010Z